Portraits

Dans les coulisses de POaime, marque de maroquinerie écoresponsable

21 janvier 2022
Portait Poaime : marque de maroquinerie écoresponsable - Un Grand Marché

POaime, c’est l’aventure d’une vie, un rêve qui devient réalité. Il y a un peu plus d’an, Stéphanie saute le pas de l’entrepreneuriat pour créer sa propre marque de maroquinerie écoresponsable. Son crédo, depuis toute petite, c’est la revalorisation de chutes de cuir destinées à être jetées. Cette démarche éthique autour de l’upcycling est la raison d’être de ce projet. Nous sommes ravis de mettre en avant cette créatrice de talent, son portrait est une véritable source d’inspiration pour les âmes créatives que nous sommes ! 

Qui se cache derrière Poaime ? Quel est votre parcours ?


“Je m’appelle Stéphanie, je vis dans un univers coloré où je suis à la fois maman, femme de marin, artisane, bretonne, passionnée par la maroquinerie, optimiste et créative. Petite, je confectionnais des bourses avec des morceaux de cuir chinés à un cordonnier. Depuis, le cuir ne m’a jamais quitté. Pourtant mon choix de carrière, au début, a été tout autre, je n’ai pas osé en faire mon métier. Mais après une dizaine d’années à travailler dans le marketing, l’envie de créer, de mes mains, était trop forte pour la réprimer.”

Comment et quand votre marque a-t-elle vu le jour ?


“Je concevais et fabriquais déjà depuis plusieurs années, c’était ma passion mais cela restait un loisir. En 2019, j’ai décidé que c’était le moment pour moi de me lancer, j’ai quitté mon emploi et pris un an pour m’équiper, me former, réfléchir aux valeurs que je souhaitais véhiculer par mes créations. Il était important pour moi de construire ma gamme, trouver des fournisseurs, réfléchir à l’identité de POaime, pour lui donner les meilleures chances de réussite.”

Pourquoi avoir choisi ce nom ?


“La première étape a été de choisir le nom de ma marque et en toute honnêteté, ça n’a pas été si simple ! J’y ai beaucoup réfléchi parce que c’est le premier grand enjeu quand on décide d’entreprendre. Il faut se poser les bonnes questions car le nom constitue la première impression que l’on laisse, un peu comme une bonne poignée de main. 

Ce qui comptais le plus pour moi c’était de parler de créativité, de poésie, de peau et de passion. POaime était né, un bout de moi, un bout de peau, une démarche responsable. Dans mon petit atelier c’est toujours le remue-ménage, ne jamais venir à l’improviste, il y a des morceaux de cuir partout ! Pour moi ça fait partie de l’identité de POaime, de sa créativité, de l’univers coloré et sympathique dans lequel, elle et moi, évoluons.”

Comment choisissez-vous les cuirs pour vos créations ?


L’upcycling est au cœur du projet POaime car je réutilise exclusivement des matières premières destinées à la destruction, pour que les peaux des animaux ne finissent pas en déchets. Je choisis avec soin chacune de mes chutes de cuir upcyclés. J’exclus les cuirs exotiques pour ne sélectionner que cuirs issus de notre gastronomie.

Dans mon atelier écoresponsable, « rien ne se perd (…) tout se transforme » comme le dit Lavoisier. Les plus petites chutes de cuir serviront à créer des bijoux, des broches, des porte-clefs, des range-câbles… Les plus grandes pièces permettront de réaliser des porte-monnaie, des porte-cartes, des pochettes…

En travaillant avec les chutes upcyclées, j’ai la chance de pouvoir donner une seconde vie à des cuirs fins ou épais, aux textures lisses ou grainées, pour que chacun trouve sa place dans la gamme POaime. Mes créations sont fabriquées avec 10 doigts, en très petites séries. Elles sont parfois uniques. La conception se fait au fil des trouvailles et inspirations.”

Le choix du cuir upcyclé a-t-il été une évidence ?


“Vous l’aurez compris l’upcycling fait partie de l’ADN de POaime depuis le départ. C’est un choix personnel et un constat commun dans l’air du temps qui m’ont fait construire ma gamme autour de ces valeurs : récupérer, revaloriser et réduire au maximum les déchets.

De très belles chutes sont écartées par les grandes maisons de maroquinerie car elles présentent de petits défauts, des marques ou des cicatrices, parfois presque invisibles. Pendant un an, j’ai construit un solide réseau d’artisans, maroquiniers et cordonniers chez qui je récupère (et j’achète) des chutes de cuir au kilo.

Mais l’upcycling, ce n’est pas que ça pour moi. Mon but est qu’il ne reste quasiment rien à jeter de ce que je récupère. C’est pourquoi toute ma construction de gamme et nouveautés vient d’une réflexion anti-gaspi. Une seule chute de cuir peut me servir à fabriquer 6 produits, du plus grand au plus petit. Je suis si heureuse quand il ne me reste qu’un confetti de cuir.”

Quelles sont vos sources d’inspiration pour créer ?


“En premier lieu, c’est ma vie quotidienne qui me donne le plus d’inspirations. Je cherche continuellement à utiliser le cuir de manière à ne pas simplement lui donner une fonction esthétique mais aussi un aspect pratique et sympathique. La plupart de mes créations sont nées de cette réflexion, comme le Finétui, mon étui à lunettes tout mini. Je trouvais que les gros boitiers à lunettes prenaient trop de place dans le sac à main, ils sont impossibles à glisser dans une poche, sans compter qu’il ne fallait pas perdre sa chiffonnette pour nettoyer les verres. Le Finétui épouse parfaitement la forme des lunettes en prenant un minimum de place, la partie douce à l’intérieur permet de nettoyer les verres comme une chamoisine.”

Avez-vous un conseil à partager aux créatifs qui aimeraient se lancer ?


“Le sujet est vaste et tellement enrichissant par le partage. Je suis toute nouvelle dans le milieu artisanal, et sans aucune prétention, j’utilise mes expériences personnelles et professionnelles au service de ma nouvelle carrière qui m’enchante. Dans ce contexte, voici en partie, ma recette.

En tout premier lieu, j’ai pris du temps pour définir mon concept, créer la différence, susciter la préférence. Le milieu artisanal a le vent en poupe et c’est tant mieux ! Il faut donc vraiment se demander ce que vos créations ont de plus que les autres, ce qui fait leur valeur ajoutée.

Ensuite, je voulais créer une gamme complète et évolutive, je crois que c’est cela qui a séduit en partie les différentes boutiques de créateurs dans lesquelles je suis présente. Chacune de mes créations a son identité et son nom. Ensemble, elles forment un tout reconnaissable et cohérent dans le petit univers POaime.

L’autre facteur déterminant dans le joli démarrage de ma marque : les réseaux sociaux ! C’est vraiment incontournable, il y a encore peu de temps je ne savais pas me servir d’Instagram et aujourd’hui, il fait partie de mon quotidien et est mon meilleur moyen pour me rendre visible et vendre. Il n’y a pas de secret : vive les tutos sur internet. C’est mon crédo depuis 2 ans, tant pour apprendre de nouvelles techniques en maroquinerie que pour comprendre comment gérer mes réseaux sociaux.

Enfin, et sans doute le plus évident, c’est de donner de sa personne, je voulais que l’on me reconnaisse à travers mes créations, ce qui contribue également à donner une cohérence et une vraie personnalité à POaime. Il faut bien entendu donner aussi une grande partie de son temps, l’expression « quand on aime, on ne compte pas » prend tout son sens. Depuis que je me suis lancée il y a un peu plus d’un an, je cours après le temps, je ne me plains pas au contraire, mais il faut être bien conscient(e) qu’en travaillant seul(e), on doit tout gérer et qu’il est parfois difficile d’accepter que le temps passé à concevoir et fabriquer ne soit pas aussi important que ce que l’on voudrait. Avec un peu d’organisation, en jouant sur la saisonnalité, il est possible de bien répartir son temps de création tout au long de l’année.”

Quels projets aimeriez-vous développer à l’avenir ?


Des projets, j’en ai plein la tête ! J’aimerais avoir mon site internet en propre en plus de la boutique en ligne POaime sur www.ungrandmarche.fr, mais ça c’est vraiment un gros chantier !

Je souhaite aussi développer un packaging pour chacune de mes familles de créations, c’est-à-dire créer une véritable identité visuelle, avec des étiquettes et des présentations de mes produits.

M’équiper d’une seconde machine à coudre me permettrait de réaliser de la « petite maroquinerie », des coutures avec du fil très fin pour les cuirs délicats.

Et toujours, j’ai ce besoin de donner vie à plein de nouvelles créations qui n’existent pour l’instant que dans ma petite tête.

Une citation préférée ?


En fait, j’en ai deux très importantes pour moi :

« Rêve ta vie en couleurs, c’est le secret du bonheur » Walt Disney

« Rien ne se perd (..) tout se transforme » Lavoisier

SUIVRE L’AVENTURE POAIME

Boutique : www.ungrandmarche.fr/boutique/poaime

Instagram : @poaimecreations

Facebook : www.facebook.com/poaimecreations/

59

Jeanne

Commentaires

  1. Penichon Aurore

    21 janvier 2022 À 19 h 53 min Répondre

    Quelle chance de pouvoir vous lire…. j’ai acheté y’a peu de temps les portes clés pour ma fille et son ami en guise de cadeau de crémaillère et ils étaient ravis, c’est un très beau cuir,et les finitions soignées je suis contente d’avoir pu leurs trouver un ti cadeau qui change !!!! Merci de votre envie je suis aussi en recherche d’action zéro gaspillage et les créations sont le résultat !!! Je recycle Les laines oublié pour faire des bonnets mitaines etc……je suis sûre qu’il y a quelques choses à faire dans cette démarche.
    Voilà voilà ♥️ merci beaucoup pour avoir pû vous faire travailler, voilà voilà ♥️

  2. Gléron

    26 janvier 2022 À 13 h 31 min Répondre

    Bonjour Aurore,

    Quel plaisir de vous lire, merci pour cet adorable retour, je suis ravie que mes créations vous plaisent, et quelle bonne idée de cadeau pour une crémaillère ! Nous partageons des valeurs communes et je m’en réjouis, super idée le recyclage ♻️ de la laine, bonnes créations à vous . A bientôt. Bien à vous. Stéphanie

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :